Guillaume Feyler : transmettre les fondamentaux de la production musicale
Musicien, ingénieur du son et compositeur, Guillaume Feyler partage son parcours, sa vision de la production musicale et les objectifs de la formation Techniques de production musicale du Cifap.
La production musicale évolue sans cesse, portée par les innovations technologiques et l’émergence constante de nouveaux outils. Pour accompagner ces transformations, le Cifap propose une formation permettant d’acquérir les fondamentaux indispensables du métier. Guillaume Feyler nous en dit plus sur son parcours et sur les objectifs de cette formation historique du catalogue.
Depuis de nombreuses années, Guillaume Feyler accompagne les professionnels et les musiciens souhaitant développer leurs compétences en production musicale. Musicien, ingénieur du son et compositeur, il anime au Cifap la formation Techniques de production musicale, un stage qui permet d’acquérir une vision complète de la chaîne de production, des outils de création jusqu’au mixage. Rencontre avec un formateur passionnant et passionné par la transmission et l’évolution des métiers du son.
Bonjour Guillaume, peux-tu te présenter ?
Je suis musicien de formation et mon parcours m’a progressivement conduit vers les techniques du son, le studio et le spectacle vivant. Je n’ai jamais vécu ces pratiques comme des métiers distincts, mais comme différentes manières d’aborder l’écoute et la création. C’est cette articulation entre technique, création et transmission qui structure aujourd’hui mon activité.
Comment es-tu devenu formateur ?
Le CIFAP m’avait sollicité pour intervenir sur des sessions de mixage dans le cadre du stage Musique à l’image. J’y ai découvert le goût de la transmission, particulièrement dans ce contexte où l’enjeu n’est pas tant de transmettre un savoir figé que de créer les conditions d’un échange où circulent des pratiques, des idées et des expériences.
Quelle est ton histoire avec le CIFAP et le stage « Techniques de production musicale » ?
Le stage « Techniques de production musicale » est l’une des formations historiques du CIFAP. Il a été créé par Jean-Marie Migeot, notamment connu pour son travail auprès de Jacques Dutronc. J’ai repris cette formation à son départ et nous l’avons continuellement transformée avec l’équipe pour répondre aux mutations profondes du secteur. L’enjeu n’est pas seulement d’apprendre des outils techniques, mais de permettre aux participants de comprendre les logiques qui les sous-tendent. Dans un contexte où les outils deviennent toujours plus puissants et plus accessibles, il est essentiel de conserver une compréhension des fondamentaux : l’écoute, l’acoustique, la prise de son, le mixage, mais aussi les méthodes de travail qui permettent de rester maître de ses choix. Les participants découvrent les principaux logiciels de création et de production, consolident leurs connaissances théoriques et réalisent que l’acoustique n’est pas une discipline conçue pour décourager les musiciens…
Quelle est, selon toi, la dernière grande évolution dans la production musicale ?
L’irruption de l’intelligence artificielle constitue sans doute la transformation la plus importante de ces dernières années. Elle peut intervenir aujourd’hui à toutes les étapes de la production : composition, analyse musicale, assistance au mixage, génération de contenus ou encore apprentissage.
Comme toute technologie majeure, elle ne peut être pensée uniquement en termes d’efficacité. Elle ouvre des possibilités nouvelles mais comporte également des risques : standardisation des pratiques, perte de savoir-faire, dépendance accrue aux plateformes ou encore coût environnemental significatif.
La question n’est donc pas de savoir s’il faut être pour ou contre l’intelligence artificielle. Elle consiste plutôt à déterminer comment nous pouvons en faire un outil d’augmentation de nos capacités créatives plutôt qu’un dispositif qui les remplace. Entre l’enthousiasme technophile et le refus de principe, il existe un espace critique qu’il nous appartient ou pas d’habiter.
À qui s’adresse ce stage et avec quoi les participants repartent-ils après ces trois semaines ?
Cette formation s’adresse aussi bien aux musiciens qui souhaitent gagner en autonomie qu’aux profils plus techniques désireux de développer une activité dans la production musicale. Au-delà de l’acquisition de compétences techniques, les participants repartent avec une compréhension plus globale de leur environnement de travail. Ils développent des méthodes, une capacité d’analyse et une meilleure maîtrise des outils qui leur permettront d’évoluer durablement dans un secteur en constante transformation.
Quel conseil donnerais-tu aujourd’hui à quelqu’un qui souhaite se professionnaliser dans ce domaine ?
Je lui conseillerais de ne jamais perdre de vue que la technique est au service d’une intention. On peut aujourd’hui accéder à des outils extrêmement puissants ; ce qui est plus rare, c’est la capacité à savoir pourquoi l’on fait les choses et ce que l’on cherche à exprimer.
Pour conclure…
Vous souhaitez acquérir une maîtrise complète des outils et méthodes de production musicale ? Retrouvez Guillaume Feyler lors de la prochaine session de la formation Techniques de production musicale et développez votre autonomie sur l’ensemble de la chaîne de création et de production sonore.