Elsa Bontempelli et Laurent Ferry : une rencontre au Cifap devenue aventure artistique
Anciens stagiaires du Cifap, Elsa Bontempelli et Laurent Ferry reviennent sur leur rencontre lors d'une formation "Piloter un projet de spectacle vivant" et la création de leur compagnie EL Production.
Ils se sont rencontrés au Cifap en 2017, lors de la formation Produire et organiser un projet de spectacle vivant. Quelques années plus tard, Elsa Bontempelli et Laurent Ferry dirigent ensemble EL Production, une compagnie à leur image : hybride, ambitieuse et profondément collaborative.
À la croisée des disciplines, Elsa Bontempelli développe un univers artistique singulier. Artiste complète : autrice, chanteuse, danseuse, elle a notamment été meneuse de revue au Lido et signe aujourd’hui la direction artistique des créations de la compagnie. À ses côtés, Laurent Ferry pilote la dimension technique et structurelle des projets, apportant une vision stratégique essentielle à leur développement.
Leur force ? Une complémentarité nourrie dès leur passage au Cifap et qui continue aujourd’hui d’imprégner leur manière de travailler. Et puis, une bonne humeur communicative…
Pouvez-vous vous présenter l’un l’autre ?
Laurent Ferry :
Elle, c’est Elsa Bontempelli. On s’est connue au CIFAP, il y a pratiquement dix ans. Elle a fait beaucoup de choses : meneuse de revue au Lido, chanteuse, danseuse, compositrice et bien sûr, autrice. Et Dieu sait que sa plume est trempée dans de l’encre magique : elle transforme tout en or. Et voilà, ça fait dix ans qu’on se côtoie pratiquement tous les jours.
Elsa Bontempelli :
Alors, Laurent Ferry… il est un des pans de notre compagnie EL Production. Il est directeur technique, et je suis directrice artistique.
Comment vous êtes-vous rencontrés ?
Nous nous sommes rencontrés au CIFAP en 2017, lors de la formation Produire et organiser un projet de spectacle vivant. Nous sommes arrivés séparément et nous sommes repartis ensemble.
Qu’est-ce que cette formation vous a apporté dans votre métier aujourd’hui ?
Au quotidien, nous travaillons aujourd’hui avec le même vocabulaire. Nous avons un tronc commun, une sorte de lexique sur lequel on peut échanger. « On a un seul cerveau, c’est le CIFAP ! ».
Après, on a des manières de faire différentes, mais ce tronc commun est hyper efficace au quotidien. On utilise ce qui a été enseigné au CIFAP tous les jours.
Bien sûr, on a appliqué des choses mais aussi détourné d’autres. Nous avons trouvé nos propres solutions sur certaines problématiques. Des solutions parfois un peu artisanale, à chaque fois, ça vient du CIFAP. « Souviens-toi au CIFAP, on nous avait dit ça. Je dois avoir un cours là-dessus. » Et ça passe par la gestion, la paie, la comptabilité, les conventions collectives, la rédaction des dossiers de production, les droits à l’image, les contrats. Enfin, tout y est passé…
Qu’est-ce qui vous a le plus surpris dans cette formation ?
Je pense que c’est le format et la densité. Il y eu beaucoup de choses à assimiler mais aussi des « prêts-à-penser » que nous avions en nous à enlever afin de pouvoir s’adapter concrètement au milieu professionnel.
Elsa :
La plus grande surprise, c’est quand même notre rencontre. Je suis arrivée dans cette formation avec une vague idée d’un projet, qui a d’ailleurs beaucoup évolué pendant la formation. Mais surtout, je suis sortie avec une boîte à outils et un associé.
Laurent :
Moi, je suis venu en voulant trouver un associé. Je voulais vraiment faire ce métier, mais pas tout seul. C’était sine qua non dans ma tête. Donc ce n’était pas une surprise pour moi mais notre rencontre a été une évidence.
Quels sont vos projets ?
Nous avons créé notre compagnie EL Production en 2018. Nous avons d’abord monté le projet pour lequel nous nous étions associé, Les Villaines, qui est toujours à la Gaîté Montparnasse. C’est la quatrième saison. Ce spectacle a beaucoup tourné. Il pérenne et on en est très fiers.
Nous avons créé 3 autres spectacles depuis, dont un qu’on aimerait présenter à Paris cet hiver : une version de Casse-Moisette moitié hologramme et moitié ballet.
Et puis on aimerait potentiellement se présenter au Cinars à Montréal pour rencontrer des partenaires internationaux et exploiter ces 4 créations qui ont déjà pas mal tourné et qui fonctionnent déjà très bien en France.
Avez-vous quelque chose à ajouter ?
Les formations permettent de sortir de son milieu. Souvent, dans le même milieu professionnel, on sait faire un peu tous la même chose mais avec des savoir-faires parfois extrêmement différents. Dans les formations du CIFAP, on peut s’associer à des énergies qui sont différentes, à des personnes qui ont des compétences différentes et complémentaires… voire faire peut-être des binômes qui fonctionnent professionnellement comme le nôtre.
Elsa :
Il y a des gens qui ont énormément d’énergie et qui peuvent porter des compagnies seules. Et dieu sait que je les honore et que je les admire mais je pense qu’avoir une énergie de groupe ou de « couple » donne des ailes, du courage là où des fois c’est compliqué.
Laurent :
La prod, c’est quand même un métier collectif.
Elsa :
C’est un métier collectif où, si on devait résumer, on doit constamment trouver des solutions.
Pour conclure…
Les formations du Cifap sont régulièrement mises à jour en fonction des évolutions des métiers. La formation « Produire et organiser un spectacle vivant » qu’ils ont suivi s’appelle aujourd’hui :
Merci à Elsa et Laurent d’avoir partagé leur enthousiasme et leur expérience.