Formation Réalisation documentaire (Formation CIF)

Formation longue à l'écriture, au tournage et au montage d'un film documentaire



Formation longue en CIF à la réalisation documentaire
Durée totale : 490 heures sur 70 journées, soit 14 semaines
Durée hebdomadaire : 35 heures
Effectif maximum : 10 personnes
Lieu de la formation : 27 bis rue du Progrès à Montreuil (93100)

La réalisation d’un film documentaire est par nature une expérience singulière et unique. Il ne s’agit ni de s’abandonner au seul hasard  en filmant le tout venant, ni de vouloir tout maîtriser et diriger comme en fiction. Tout se joue en permanence dans la rencontre entre un sujet réel et le regard spécifique qu’un auteur, un réalisateur choisit de lui porter. C’est à travers cette confrontation que le film peut prendre forme, trouver son souffle et finalement faire sens.

S’il n’y a guère de recette toute faite pour réaliser un film documentaire, chaque projet nécessite pourtant une approche méthodologique autant que de l’imagination : il faut savoir à la fois écouter, observer, anticiper, inventer un dispositif d’écriture et de tournage adéquat, s’adapter aux imprévus et aux contraintes diverses…

Ces dernières années, l’arrivée des technologies numériques a profondément bouleversé la manière de réaliser un film documentaire - tous formats et tous genres confondus -, tant d’un point de vue technique qu’économique ou artistique. Plus accessibles, plus souples d’utilisation, ces technologies ont cependant entraîné une baisse des budgets de production, qui se traduit par la réduction des équipes de tournage et du temps de montage. Pour contourner ces obstacles, pour faire face aussi à un contexte plus concurrentiel, les réalisateurs sont donc aujourd’hui amenés à utiliser eux-mêmes certains de ces outils, de même qu’il leur faut s’impliquer davantage dans la préparation et l’écriture.

Prendre acte de ces évolutions, les appréhender de manière pratique sans jamais perdre de vue le travail créatif, tel est l’objectif de ce stage d’initiation longue à la réalisation documentaire.

Objectifs de la formation

  • Appréhender de manière globale et pratique les spécificités de la réalisation documentaire, de l’écriture au montage.
  • Etre capable de mettre en oeuvre de manière autonome et professionnelle un projet de film documentaire.

Public concerné


Profil

Cette formation longue est ouverte à toute personne voulant développer et réaliser ses propres films documentaires dans un cadre professionnel, et qui répond aux conditions d’accès au Congé Individuel de Formation (CIF) définies par l’OPCA dont elle relève (AFDAS, FONGECIF, MEDIAFOR…).

Tout candidat doit d’abord s’inscrire auprès du CIFAP en nous envoyant son CV et une lettre de motivation, le plus tôt possible et au plus tard 3 mois avant le début du stage (les commissions qui étudient les dossiers au sein des organismes finan-ceurs ne se réunissent en effet qu’à quelques dates dans l’année).

Un rendez-vous avec le responsable pédagogique du stage est ensuite organisé (dans nos locaux ou par téléphone), afin de nous assurer du niveau du candidat et d’aider ce dernier à effectuer ses démarches de demande de CIF auprès de l’organisme dont il dépend.


Pré-requis
  • Posséder une bonne connaissance générale de l’environnement et de la culture audiovisuelle (une connaissance spécifique du cinéma documentaire est fortement recommandée).
  • Etre parfaitement familiarisé à l’usage de l’outil informatique (Mac ou PC).
  • Etre porteur d’un projet documentaire.

Contenu

Aspects théoriques :

  • Approche historique et artistique du cinéma documentaire ; visionnages et analyses.
  • Bases de la prise de vue et de la prise de son.
  • Fondamentaux du langage audiovisuel et du montage.
  • Etat des lieux de la production et de la diffusion documentaire en France.
  • Environnement professionnel de l’auteur et du réalisateur.

Exercice pratique : Réalisation complète d’un film documentaire d’environ 26 minutes :

  • Définition initiale du sujet et du projet.
  • Travail d’écriture ; des repérages à la rédaction détaillée du dossier de présentation.
  • Préparation du tournage ; découpage & plan de travail, préparation et prise en main du matériel, demandes d’autorisation…
  • Tournages par binôme.
  • Prise en main d’une station de montage Final Cut Pro d’Apple.
  • Travail du montage ; dérushage, plan de montage, premier ours, visionnages intermédiaires, corrections et finalisations.
  • Evaluation et projection publique.

Maîtrise d'ouvrage

Jérome Kanapa
réalisateur, directeur de production, auteur de plusieurs long-métrages de cinéma : "La République est morte à Dien Bien Phu" avec Jean Lacouture produit par Vincent et Louis Malle, "Mai 68" produit par Vincent et Louis Malle, "Histoire d’aller plus loin" avec Bernard Paul, "En l’autre bord", film de fiction avec Françoise Lebrun, Macha Méril et Raymond Bussières / Réalisateur de nombreux reportages pour Pierre Lescure, Michel Thoulouze et Jean-Marie Cavada (plus de 60 reportages de 52' ou 26') parmi lesquels : "La piste Ho Chi Minh", "On n’a pas tous les jours 20 ans…", Plusieurs "Brûlures de l’Histoire" : "Mr K", "La chute de Saigon", "La vie en bleu…", Soirées thématiques ARTE : "L’affaire Rajk", sélectionné au Festival de Pessac, "Histoire de la guérilla en Amérique latine" avec Gérard Chaliand…

Méthodes pédagogiques

Axée sur la pratique, cette formation propose à chaque participant de concevoir, écrire, tourner et monter son propre film documentaire d’environ 26 minutes, à partir d’une thématique donnée.

Cet exercice est encadré par des professionnels confirmés (réalisateur, chef monteur, chef opérateur, ingénieur du son et producteur), qui apportent les outils théoriques et pratiques indispensables à sa réalisation, des conseils spécifiques à chaque projet, de même que des informations générales sur le métier de réalisateur documentaire. Ces formateurs n’interviennent toutefois jamais directement à la place des stagiaires, ni dans l’écriture, ni au tournage, ni au montage de leurs projets.

Chaque participant est ainsi amené à assurer lui-même la réalisation technique de son film (avec toutefois l’appui d’un autre stagiaire avec lequel il travaille en binôme lors du tournage). Cette approche ne vise pas tant la maîtrise approfondie des outils numériques que la compréhension concrète de leurs possibilités et de leurs limites. Elle permet ainsi aux stagiaires :

  • d’appréhender globalement toutes les étapes de fabrication d’un film documentaire, du tournage à la post-production, pour être capable de mieux les coordonner,
  • de se confronter aux contraintes de temps, de moyens et de polyvalence qui prédominent aujourd’hui en production documentaire, pour mieux les dépasser,
  • d’expérimenter des solutions techniques et artistiques simples et pertinentes pour servir au mieux le projet de film.

L’accent est mis par ailleurs sur le travail d’écriture et sur la construction par chaque stagiaire d’un point de vue original et pertinent porté au sujet qu’il décide de traiter. Un film documentaire n’est en effet jamais exhaustif, c’est pourquoi chacun doit savoir définir un angle, sélectionner des personnages, des lieux et des actions, choisir ce qui sera dans le champ et ce qui sera hors champ… Toutes ces décisions relèvent d’un véritable parti pris (filmique, narratif, moral…) que les stagiaires sont encouragés à revendiquer clairement dans leur projet.

Il ne faut en outre jamais perdre de vue qu’un film documentaire, quel qu’il soit, forme une histoire, un récit, avec au minimum un début et une fin. Cette progression doit donc être réfléchie en amont du tournage, pendant le travail préalable de repérage et d’écriture, même s’il ne s’agit alors que d’hypothèses. L’expérience prouve en effet que sans préparation, sans un minimum d’anticipation, il est très difficile pendant le tournage de rebondir sur les situations inattendues ou imprévues, lesquelles peuvent pourtant venir enrichir le film et faire sa force.

De même, le montage requiert un travail et une réflexion préalables indispensables à sa réussite ; une fois le dérushage soigneusement effectué (relevé de TC, transcriptions d’ITW…), chaque stagiaire doit d’abord élaborer par écrit un plan de montage détaillé avant de s’attaquer à l’assemblage de son film sur ordinateur. Cette méthodologie évite bien souvent de multiplier les recherches et les versions de montage dans le logiciel, et au bout du compte de perdre le fil du projet.

Une première projection collective des films est organisée en interne, après 3 semaines de montage. C’est un moment privilégié où tous les stagiaires et les formateurs peuvent ensemble faire le point sur les résultats obtenus, prendre conscience des qualités et des défauts de chaque film et trouver des solutions pour terminer au mieux les montages les jours suivant.

Une fois ces corrections apportées, il reste à créer les génériques et les éventuels sous-titrages, de même qu’à soigner le mixage. Les films terminés sont alors présentés en public, lors d’une projection de fin de stage à laquelle amis et protagonistes des films peuvent être conviés. C’est ainsi l’occasion de partager un moment convivial, après 14 semaines de travail intensif.

Enfin, la dernière semaine est consacrée à un bref état des lieux de la production documentaire en France ; diffuseurs, producteurs, statuts et droits d’auteur… Toutes ces informations visent à permettre aux stagiaires de mieux se préparer à l’environnement professionnel auquel ils devront se confronter à l’issue du stage.

Cifap organise également la formation Ecrire et réaliser un film documentaire, de 6 semaines, conventionnée par l'Afdas dans la commission "technicien de l'audiovisuel", qui permettra aux stagiaires, à travers la conception et la réalisation d'un docu de 10mn, d'appréhender de manière globale et pratique les spécificités de ce type de réalisation, de l’écriture à la post-production.

Intervenants

Sylvia Callé, réalisatrice et chef opératrice en film documentaire et en fiction.
Diplômée de l’ENSAD (Département photographie) et de la Fémis (Département Image). Son travail pour le cinéma et la Télévision (Arte, Canal +, la Cinquième, France 3, Planète…) a été de nombreuses fois sélectionné en festival et primé.
et/ou
Carlos Alvarez, chef opérateur sur de nombreux films documentaires (pour Jean Breschand, Dominique Brard, Jean-Paul Roig…). Diplômée de l’ENSAD (Département photographie), il intervient par ailleurs dans différentes universités comme chargé de cours en cinéma documentaire.
et
Laetitia Mikles, scénariste et réalisatrice
Diplômée en Droit et Sociologie, elle aborde le cinéma documentaire à partir de 1998. Son travail de création est à chaque fois remarqué par la SCAM qui lui attribue plusieurs bourses Brouillon d’un rêve. Son film « Rien ne s’efface », réalisé dans le cadre d’une résidence d’artiste au Japon, a en outre reçu le prix découverte de la SCAM en 2010
Laetitia est par ailleurs critique, journaliste (notamment pour le journal Positif) et lectrice de scénario (Arte, Canal +…).
et
Aline Houdy, réalisatrice et productrice.
Diplômée de Psychologie, elle travaille d’abord comme journaliste, aussi bien pour la presse écrite, la radio que la télévision, notamment pour les émissions « La Marche du Siècle », « Saga-Cités » (France 3), « Edition Spéciale », « Ligne Directe » ou « Autrement dit » (Antenne 2). De 1994 à 2001, elle est rédactrice en chef de plusieurs magazines de société sur la Cinquième (dont « Le magazine de la Santé »). A partir de 2003, Aline Houdy se consacre davantage à l’écriture et la production documentaire pour la télévision (France 5, France 3, RTBF…).
ou
Olivier Horn, auteur et réalisateur.
Depuis 20 ans, Arte, France télévisions lui doivent de nombreux documentaires diffusés sur leurs antennes. Il a obtenu le grand prix de la SCAM en 2003 pour « Un amour à Pékin ». Olivier anime par ailleurs l’atelier documentaire de la Fémis.
et
Cam Tho Bui. Scénariste et monteuse de formation, depuis 20 ans, elle participe en tant que chef monteuse à de nombreux reportages (Point du Jour; JT de France 2; France5…), émissions (Echappées Belles- France 5; 100 minutes pour convaincre - France 2…) documentaires (Chaîne Histoire; Chaîne LCP/AN; Tropic Film…) ainsi que courts métrages. En réalisation : l'émission Tambour Battant d'Antoine SPIRE – CINAP TV…
et /ou
Florence Bon, chef monteuse
Diplômée de l’IDHEC. Plus de 15 années d’expérience en montage : documen-taires (FR2, FR3, ARTE, CANAL +…), long-métrages (« Lune Froide » de Patrick Bou-chitey, « Chili con Carne » de Thomas Gilou, « Mille Bornes » d’Alain Beigel, « Le Comptoir » de Sophie Tatischef…), téléfilms, courts métrages…
 

Ou tout autre intervenant de compétence et de réputation équivalentes.
 

Moyens techniques

  • 1 ordinateur par stagiaire pour l’écriture du projet (avec connexion internet et imprimante en réseau)
  • 1 unité complète de tournage en DVCam par binôme : caméra DVcam PD 170, pied, mixette, perche, micros (HF, canon…)
  • 1 station de montage Apple Final Cut Pro et un magnétoscope DVCam par stagiaire
  • Matériel de visionnage (vidéo projecteur, écran plasma…)