
La réalisation d’un film documentaire est par nature une expérience singulière et unique. Il ne s’agit ni de s’abandonner au seul hasard en filmant le tout venant, ni de vouloir tout maîtriser et diriger comme en fiction. Tout se joue en permanence dans la rencontre entre un sujet réel et le regard spécifique qu’un réalisateur (ou une réalisatrice) choisit de lui porter. C’est à travers cette confrontation que le film peut prendre forme, trouver son souffle et finalement faire sens.
S’il n’y a guère de recette toute faite pour réaliser un film documentaire, chaque projet nécessite pourtant une approche méthodologique autant que de l’imagination : il faut savoir à la fois écouter, observer, anticiper, inventer un dispositif d’écriture et de tournage adéquat, s’adapter aux imprévus et aux contraintes diverses…
Ces dernières années, l’arrivée des technologies numériques a profondément bouleversé la manière de réaliser un film documentaire - tous formats et tous genres confondus -, tant d’un point de vue technique qu’économique ou artistique. Plus accessibles, plus souples d’utilisation, ces technologies ont cependant entraîné une baisse des budgets de production, qui se traduit par la réduction des équipes de tournage et du temps de montage. Pour contourner ces obstacles, pour faire face aussi à un contexte plus concurrentiel, les réalisateurs sont donc aujourd’hui amenés à utiliser eux-mêmes certains de ces outils, de même qu’il leur faut s’impliquer davantage dans la préparation et l’écriture.
Prendre acte de ces évolutions, les appréhender de manière pratique sans jamais perdre de vue le travail créatif, tel est l’objectif de ce stage d’initiation longue à la réalisation documentaire.
Cette formation longue est ouverte à toute personne voulant développer et réaliser ses propres films documentaires dans un cadre professionnel, et qui répond aux conditions d’accès au Congé Individuel de Formation (CIF) définies par l’OPCA dont elle relève (AFDAS, FONGECIF, MEDIAFOR…).
Tout candidat doit d’abord s’inscrire auprès du CIFAP en nous envoyant son CV et une lettre de motivation, le plus tôt possible et au plus tard 3 mois avant le début du stage (les commissions qui étudient les dossiers au sein des organismes finan-ceurs ne se réunissent en effet qu’à quelques dates dans l’année).
Un rendez-vous avec le responsable pédagogique du stage est ensuite organisé (dans nos locaux ou par téléphone), afin de nous assurer du niveau du candidat et d’aider ce dernier à effectuer ses démarches de demande de CIF auprès de l’organisme dont il dépend.
Aspects théoriques :
Exercice pratique : Réalisation complète d’un film documentaire d’environ 26 minutes :
Jérome Kanapa
réalisateur, directeur de production, auteur de plusieurs long-métrages de cinéma : "La République est morte à Dien Bien Phu" avec Jean Lacouture produit par Vincent et Louis Malle, "Mai 68" produit par Vincent et Louis Malle, "Histoire d’aller plus loin" avec Bernard Paul, "En l’autre bord", film de fiction avec Françoise Lebrun, Macha Méril et Raymond Bussières / Réalisateur de nombreux reportages pour Pierre Lescure, Michel Thoulouze et Jean-Marie Cavada (plus de 60 reportages de 52' ou 26') parmi lesquels : "La piste Ho Chi Minh", "On n’a pas tous les jours 20 ans…", Plusieurs "Brûlures de l’Histoire" : "Mr K", "La chute de Saigon", "La vie en bleu…", Soirées thématiques ARTE : "L’affaire Rajk", sélectionné au Festival de Pessac, "Histoire de la guérilla en Amérique latine" avec Gérard Chaliand…
Axée sur la pratique, cette formation propose à chaque participant de concevoir, écrire, tourner et monter son propre film documentaire d’environ 26 minutes, à partir d’une thématique donnée.
Cet exercice est encadré par des professionnels confirmés (réalisateur, chef monteur, chef opérateur, ingénieur du son et producteur), qui apportent les outils théoriques et pratiques indispensables à sa réalisation, des conseils spécifiques à chaque projet, de même que des informations générales sur le métier de réalisateur documentaire. Ces formateurs n’interviennent toutefois jamais directement à la place des stagiaires, ni dans l’écriture, ni au tournage, ni au montage de leurs projets.
Chaque participant est ainsi amené à assurer lui-même la réalisation technique de son film (avec toutefois l’appui d’un autre stagiaire avec lequel il travaille en binôme lors du tournage). Cette approche ne vise pas tant la maîtrise approfondie des outils numériques que la compréhension concrète de leurs possibilités et de leurs limites. Elle permet ainsi aux stagiaires :
L’accent est mis par ailleurs sur le travail d’écriture et sur la construction par chaque stagiaire d’un point de vue original et pertinent porté au sujet qu’il décide de traiter. Un film documentaire n’est en effet jamais exhaustif, c’est pourquoi chacun doit savoir définir un angle, sélectionner des personnages, des lieux et des actions, choisir ce qui sera dans le champ et ce qui sera hors champ… Toutes ces décisions relèvent d’un véritable parti pris (filmique, narratif, moral…) que les stagiaires sont encouragés à revendiquer clairement dans leur projet.
Il ne faut en outre jamais perdre de vue qu’un film documentaire, quel qu’il soit, forme une histoire, un récit, avec au minimum un début et une fin. Cette progression doit donc être réfléchie en amont du tournage, pendant le travail préalable de repérage et d’écriture, même s’il ne s’agit alors que d’hypothèses. L’expérience prouve en effet que sans préparation, sans un minimum d’anticipation, il est très difficile pendant le tournage de rebondir sur les situations inattendues ou imprévues, lesquelles peuvent pourtant venir enrichir le film et faire sa force.
De même, le montage requiert un travail et une réflexion préalables indispensables à sa réussite ; une fois le dérushage soigneusement effectué (relevé de TC, transcriptions d’ITW…), chaque stagiaire doit d’abord élaborer par écrit un plan de montage détaillé avant de s’attaquer à l’assemblage de son film sur ordinateur. Cette méthodologie évite bien souvent de multiplier les recherches et les versions de montage dans le logiciel, et au bout du compte de perdre le fil du projet.
Une première projection collective des films est organisée en interne, après 3 semaines de montage. C’est un moment privilégié où tous les stagiaires et les formateurs peuvent ensemble faire le point sur les résultats obtenus, prendre conscience des qualités et des défauts de chaque film et trouver des solutions pour terminer au mieux les montages les jours suivant.
Une fois ces corrections apportées, il reste à créer les génériques et les éventuels sous-titrages, de même qu’à soigner le mixage. Les films terminés sont alors présentés en public, lors d’une projection de fin de stage à laquelle amis et protagonistes des films peuvent être conviés. C’est ainsi l’occasion de partager un moment convivial, après 14 semaines de travail intensif.
Enfin, la dernière semaine est consacrée à un bref état des lieux de la production documentaire en France ; diffuseurs, producteurs, statuts et droits d’auteur… Toutes ces informations visent à permettre aux stagiaires de mieux se préparer à l’environnement professionnel auquel ils devront se confronter à l’issue du stage.
Anne Lainé
Réalisatrice documentariste : Diplômée de l’IDHEC (1977), elle travaille d’abord comme première assistante de réalisation, monteuse et scripte, tout en réalisant des courts métrages. Dans les années 90, elle se lance dans le documentaire et réalise plusieurs films coproduits par différentes chaînes de télévision (France 5, France 3, RFO, Paris Première…). On lui doit notamment plusieurs portraits dans la série « un siècle d’écrivain » sur France 3. En 2003, elle réalise « Rwanda, un cri d’un silence inouï », plusieurs fois primé.
& Sylvia Calle
Réalisatrice et chef opératrice en film documentaire et en fiction : Diplômée de l’ENSAD (Département photographie) et de la Fémis (Département Image). Son travail pour le cinéma et la Télévision (Arte, Canal +, la Cinquième, France 3, Planète…) a été de nombreuses fois sélectionné en festival et primé.
& Florence Bon
Chef monteuse : Diplômée de l’IDHEC. Plus de 15 années d’expérience en montage : documentaires (FR2, FR3, ARTE, CANAL +…), long-métrages (« Lune Froide » de Patrick Bouchitey, « Chili con Carne » de Thomas Gilou, « Mille Bornes » d’Alain Beigel, « Le Comptoir » de Sophie Tatischef…), téléfilms, courts métrages…
Avec aussi la particpation d'un directeur de production et d'un ingénieur du son
Ou tout autre intervenant de compétences et de réputation au moins équivalentes