Comment un acteur, une actrice, ont à "jouer", dans ces trois formes différentes, et de quelle manière?
Dans la nouvelle de Rohmer "Ma nuit chez Maud", on a au fond, un seul point de vue, celui du narrateur, qui dit "Je" (le personnage de JL Trintignant dans le film). Sa 1ère phrase: " Je ne dirai pas tout dans cette histoire". C'est de son seul point de vue et de sa mémoire des évènements, que s'inscriront les "dialogues" des autres.
Plus de narrateur. Quatre personnages, et surtout trois. Peu de phrases. Des silences, des gros plans, des attitudes corporelles. Le triangle, le théorème, le Pari de Pascal:"Tout perdre pour tout gagner". La question du CHOIX.
Le meilleur regard est à mi-pente dit-on. Ici c'est par les mots que chacun va se raconter, au PUBLIC, et à sa distance. La voix est plus portée, et comment cela change le sens de parler plus fort. Le public, voit "en même temps", "ensemble", trois (ou quatre" des points de vue. Ce n'est plus la caméra qui choisit.
A travers cet exercice et cette confrontation de genre, le comédien doit apprendre, par comparaison, à améliorer son jeu, le diversifier, et le préciser, à être mieux pluridisciplinaire pour mieux répondre aux opportunités d’emploi.
Bérangère Bonvoisin, comédienne et metteur en scène de théâtre française, a joué, entre autres, au théâtre, avec Antoine Vitez, Jean-Pierre Vincent, Jacques Lassalle, Jacques Rosner, Marcel Bluwal, Robert Girones, Roger Planchon, Bruno Boëglin ou, encore, Bruno Bayen.
Après un 1er prix de tragédie et un 2e prix de comédie classique et moderne au conservatoire de Rouen, elle entre en 1974, pour 3ans au Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique, à Paris, dans la classe d’Antoine Vitez, où elle suit les leçons de Claude Régy, Philippe Adrien ou encore Pierre Debauche. C'est là qu'en 1976, encore élève, elle met en scène Les Sincères de Marivaux, expérience qui fait d'elle la première femme de l'histoire du CNAD à être passée de l'autre côté du rideau.
En 1984, elle signe au Théâtre de la Bastille ce qu'elle considère comme "sa première vraie mise en scène": "Celle qui ment", d'après les écrits d'Angèle de Foligno.
Le 3 février 2003, à la demande de Georges Lavaudant et Jean Jourdheuil, elle rassemble une centaine de comédiens au Théâtre de l'Odéon pour une soirée unique, "Philippe Clévenot, tête à tête", spectacle qui mêle lectures et documents vidéos en souvenir de son compagnon disparu deux ans auparavant.
Le 25 avril 2005, elle réitère cette aventure de l'éphémère au Théâtre National de la Colline avec "Slogan pour 343 actrices" de Nadia Soudaïeva et Antoine Volodine où elle réunit 343 comédiennes, entre autres Gisèle Casadesus, Elsa Zylberstein, Myriam Boyer, Nada Strancar, Micheline Presle, Ludmila Mikaël et Christine Boisson. Le cinéaste Alain Cavalier a fait un film de cette soirée "Pour Bérangère", encore inédit à ce jour.
Extrait de son parcours théâtral
Extrait de sa filmographie