Formation Le comédien et l'écriture : la forme et la manière

Le texte littéraire, le texte cinématographique, le texte théâtral



Bérangère Bonvoisin
Durée totale : 70 heures sur 10 journées
Durée hebdomadaire : 35 heures
Effectif maximum : 10 personnes
Lieu de la formation : 27 bis rue du progrès à Montreuil (93100)
Rohmer écrit:
"Pourquoi filmer une histoire quand on peut l'écrire? Pourquoi l'écrire quand on va la filmer? Cette double question n'est oiseuse  qu'en apparence.
 
Elle se pose très précisément : l'idée des  contes (6 contes moraux), m'est venue à un âge où je ne savais pas  encore si je serais cinéaste. Si j'en ai fait des films, c'est parce  que je n'ai pas réussi à les "écrire" (..........)Ces textes donc, ne  sont pas "tirés" de mes films, ils les précèdent dans le temps, mais  j'ai voulu d'emblée qu'ils fussent autre chose que des "scénarios". 

C'est ainsi que toute référence à une mise en scène cinématographique  en est absente. Ils ont eu, dès le premier jet, une apparence  littéraire."
 
Les comédiens, et c’est un enjeu décisif de leur carrière, doivent apprendre et restituer ces langages spécifiques : c’est une richesse pour leur employabilité qui réclame aujourd’hui une capacité a exercer son travail de différentes façons, pouvoir passer du théâtre au cinéma, de la scène à l’écran, de l’écrit au dit.

Objectifs de la formation

Le jeu de l'acteur sur des mêmes personnages mais dans TROIS formes différentes: la Littérature (le livre), le Cinéma, le Théâtre.
  • Indentification des registres de jeu, similitudes, ressemblances et différences,
  • Choisir le juste ton et apprendre à différencier

Public concerné


Profil
  • Acteurs ou comédiens et de manière générale, tout professionnel souhaitant s’initier aux techniques théâtrales

Pré-requis
  • Une expérience du spectacle vivant est bienvenue

Conditions d'accès
  • Intermittents du spectacle : sur étude de dossier par l’AFDAS (renseignements au 01 44 78 38 44), à la condition de justifier de 2 ans d'ancienneté dans la profession et de 130 jours de travail répartis sur les 24 mois précédant la demande de stage.
  • Salariés d'entreprise : possibilité de prise en charge dans le cadre de la formation professionnelle continue.

Contenu

Comment un acteur, une actrice, ont à "jouer", dans ces trois formes différentes, et de quelle manière?

1) La littérature

Dans la nouvelle de Rohmer "Ma nuit chez Maud", on  a au fond, un seul point de vue, celui du narrateur, qui dit "Je" (le  personnage de JL Trintignant dans le film). Sa 1ère phrase: " Je ne dirai pas tout dans cette histoire". C'est de son seul point  de vue et de sa mémoire des évènements, que s'inscriront les  "dialogues" des autres.

2) Le Cinéma (le synopsis, le film)

Plus de narrateur. Quatre  personnages, et surtout trois. Peu de phrases. Des silences, des gros  plans, des attitudes corporelles. Le triangle, le théorème, le Pari de  Pascal:"Tout perdre pour tout gagner". La question du CHOIX.

3) L'adaptation au théâtre

Le meilleur regard est à mi-pente dit-on.  Ici c'est par les mots que  chacun va se raconter, au PUBLIC, et à sa distance. La voix est plus  portée, et comment cela change le sens de parler plus fort. Le public,  voit "en même temps", "ensemble", trois (ou quatre" des points de vue.  Ce n'est plus la caméra qui choisit.

A travers cet exercice et cette confrontation de genre, le comédien doit apprendre, par comparaison, à améliorer son jeu, le diversifier, et le préciser, à être mieux pluridisciplinaire pour mieux répondre aux opportunités d’emploi.

Intervenants

Bérangère Bonvoisin, comédienne et metteur en scène de théâtre française, a joué, entre autres, au théâtre, avec Antoine Vitez, Jean-Pierre Vincent, Jacques Lassalle, Jacques Rosner, Marcel Bluwal, Robert Girones, Roger Planchon, Bruno Boëglin ou, encore, Bruno Bayen.

Après un 1er prix de tragédie et un 2e prix de comédie classique et moderne au conservatoire de Rouen, elle entre en 1974, pour 3ans au Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique, à Paris, dans la classe d’Antoine Vitez, où elle suit les leçons de Claude Régy, Philippe Adrien ou encore Pierre Debauche. C'est là qu'en 1976, encore élève, elle met en scène Les Sincères de Marivaux, expérience qui fait d'elle la première femme de l'histoire du CNAD à être passée de l'autre côté du rideau.

En 1984, elle signe au Théâtre de la Bastille ce qu'elle considère comme "sa première vraie mise en scène": "Celle qui ment", d'après les écrits d'Angèle de Foligno.

Le 3 février 2003, à la demande de Georges Lavaudant et Jean Jourdheuil, elle rassemble une centaine de comédiens au Théâtre de l'Odéon pour une soirée unique, "Philippe Clévenot, tête à tête", spectacle qui mêle lectures et documents vidéos en souvenir de son compagnon disparu deux ans auparavant.

Le 25 avril 2005, elle réitère cette aventure de l'éphémère au Théâtre National de la Colline avec "Slogan pour 343 actrices" de Nadia Soudaïeva et Antoine Volodine où elle réunit 343 comédiennes, entre autres Gisèle Casadesus, Elsa Zylberstein, Myriam Boyer, Nada Strancar, Micheline Presle, Ludmila Mikaël et Christine Boisson. Le cinéaste Alain Cavalier a fait un film de cette soirée "Pour Bérangère", encore inédit à ce jour.


Extrait de son parcours théâtral

  • 2005-2006 : "A woman of mystery", lecture mise en espace par Marc Goldberg, d’après John Cassavetes, Vingtième Théâtre
  • 2006/2007: "L'Éclipse du 11 août" de Bruno Bayen, mise en scène Jean-Pierre Vincent, Théâtre national de la Colline, puis Théâtre La Criée, Théâtre du Nord, Théâtre de la Manufacture
  • 2008-2009 : "La Petite Catherine de Heilbronn" de Heinrich von Kleist, mise en scène André Engel, Odéon–Théâtre de l’Europe Ateliers Berthier
  • 2009 : "La laïcité est-elle soluble dans le sarkozysme ? ", mise en scène de B. Bonvoisin, Théâtre de la Madeleine
  • 2006-2007 : "La Maladie de la mort", de Marguerite Duras, avec Fanny Ardant (Théâtre de la Madeleine – Tournée : Washington, New York, Florence, Berlin, Rome, Trouville-Les Roches Noires, Istambul) 2008 : "Et si les fourmis n’étaient rien sans les cigales", lecture avec Emmanuelle Béart, d’après des textes de Bernard Maris (Théâtre de l'Odéon)
  • 2009 : "La laïcité est-elle soluble dans le sarkozysme ? ", d'après un article de Gérard Desportes et les commentaires laissés en réaction sur le site du journal Mediapart (Théâtre de la Madeleine)
     

Extrait de sa filmographie

  • 1978 : "L'Adolescente", de Jeanne Moreau
  • 1979 : "Les Égouts du paradis", de José Giovanni
  • 1983 : "La Trace", de Bernard Favre (avec Richard Berry)
  • 1984 : "La Garce", de Christine Pascal (avec Isabelle Huppert, Richard Berry et Vittorio Mezzogiorno)
  • 1984 : "Côté cœur, côté jardin", de Bertrand van Effenterre (avec Julie Jézéquel, Jean-François Stévenin et Robin Renucci)
  • 1985 : "Les Trottoirs de Saturne", d’Hugo Santiago (avec Philippe Clévenot)
  • 1987 : "Good Morning Babylon", des Frères Taviani (avec Vincent Spano et Greta Scacchi)
  • 1988 : "La Lectrice", de Michel Deville (avec Miou-Miou et Patrick Chesnais)
  • 2006 : "Mauvaise Foi", de Roschdy Zem (avec Cécile de France et Roschdy Zem)
  • 2006 : "L’Intouchable", de Benoît Jacquot (avec Isild Le Besco)
  • 2010 : "Memory Lane", de Mikhaël Hers (avec Didier Sandre et Lolita Chamah)